Alinéa et Naf Naf en redressement judiciaire : la crise frappe les enseignes de grande diffusion


18 mai 2020

Les enseignes Alinéa et Naf Naf viennent de déposer le bilan, suivant de peu La Halle, André, Orchestra… "La multiplication des faillites" redoutée par les pouvoirs publics semble bien avoir commencé dans les secteurs de l’ameublement et du prêt-à-porter.

Avec ses 30 magasins et ses 2000 salariés en France, l’enseigne Alinéa sera-t-elle première victime d’envergure du coronavirus sur le plan économique?  L’entreprise d’ameublement et de décoration s’est en effet déclarée en état de cessation des paiements auprès du tribunal de commerce de Marseille, son siège étant situé dans la ville d’Aubagne

Samedi 16 mai, dans les colonnes de La Provence, le directeur général d’Alinéa, Alexis Mulliez, expliquait  les raisons de ce dépôt de bilan. "Il n’était plus possible de tenir et c’est pourquoi nous avons déclaré l’état de cessation de paiement et nous sommes placés sous la protection du tribunal de commerce de Marseille" indiquait-il.

Et de poursuivre :  "Alinéa était engagé dans une transformation qui a demandé des efforts et des investissements. Mais alors que la démarche commençait à porter ses fruits, nous avons eu coup sur coup les gilets jaunes fin 2018 et les manifestations contre les retraites fin 2019. Et maintenant le Covid-19 qui nous a obligés à cesser notre activité durant presque deux mois".

Toujours selon La Provence, une procédure de redressement judiciaire a été lancée. Deux options sont sur la table pour redresser l’entreprise : le dépôt d’un plan de continuation par ses actionnaires ou l’appel à des repreneurs.

Naf Naf en redressement judiciaire

Le secteur de l’ameublement n’est pas le seul touché par les conséquences de la crise du coronavirus. Les enseignes de vêtements et chaussures boivent aussi la tasse. Il y a d’abord eu André, La Halle, et dernier sur la liste, Naf Naf.

Vendredi 15 mai, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a en effet ordonné la mise en redressement judiciaire de l’enseigne  Naf Naf deux ans après son rachat par un consortium d’investisseurs mené par le groupe chinois La Chapelle, à Vivarte.  Une audience aura lieu début juin pour étudier deux offres de reprise. Naf Naf, emploie 1170 personnes et dispose de 160 boutiques et 74 boutiques affiliées.

Une autre enseigne ayant également été cédée par Vivarte, celle plus que centenaire de magasins de chaussures André, avait été la première entreprise française victime du coronavirus : elle a été mise en redressement judiciaire début avril après avoir dû fermer tous ses magasins et perdu près de 4 millions d’euros en quinze jours. L’enseigne, achetée il y a dix-huit mois par le site de vente en ligne Spartoo, avait dégagé en 2019 un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros mais essuyé 10 millions de pertes. Elle compte quelque 600 salariés.

La Halle en procédure de sauvegarde

La Halle, une enseigne active à la fois dans les vêtements et la chaussure, qui emploie plus de 6000 personnes et France et reste propriété de Vivarte, est pour sa part en procédure de sauvegarde depuis le 21 avril. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 25 mai pour déposer leurs projets de reprise.

Le groupe de vêtements pour enfants et d’articles de puériculture Orchestra-Prémaman, qui était sous procédure de sauvegarde depuis septembre 2019 et compte 2 900 salariés, a de son côté obtenu fin avril une conversion en procédure de redressement.

Le ministre des Finances Bruno Le Maire avait bien mis en garde dès le début de la crise du coronavirus sur le risque « d’une multiplication de faillites ». « Le plus dur est devant nous », prévenait-il encore fin avril. Face à cette situation, le gouvernement a déployé un arsenal de mesures pour soutenir les entreprises, parmi lesquelles le chômage partiel. Mais cela pourrait se révéler insuffisant

source : sudouest.fr